Poésie

Aux Îles éléphantines

Dans cette page, je vous propose de rêver comme un voyageur immobile en parcourant par le texte et l'image, le souvenir de visites de lieux agréables.

A vous qui aimez l'Egypte, qui avez peut-être navigué sur le Nil, son fleuve mythique qui a nourri son immense épopée, je me dis que vous avez peut-être connu la joie, comme j'ai pu la vivre, de visiter les Îles Eléphantines, près d'Assouan. Ce voyage fut réalisé en 2004. Les paragraphes suivants évoquent le souvenir que je garde de mon passage éphémère en ces lieux chargés d'histoire. Cliquez sur les photos pour les agrandir

En visite aux Îles éléphantines - 1/5


La felouque silencieuse à la lourde toile grise glisse
Souplement, sans heurt, ni coup, sur l’onde lisse.
La dérive taillée dans une épaisse planche
fuit en poutre allongée, pointe le rude manche
Elle bascule rassurante, lentement manœuvrée
Par la jambe puissante d’un fier nubien dressé.
L’homme, debout à la poupe, couche de sa main tendue,
L’oiseau blanc de toile grise, aspiré par les nues.

En visite aux Îles éléphantines - 2/5

Il lance enfin son aile d’esquif vers un ciel jaune,
Dune, reflet des déserts, si proches, couleur d’automne. 
L’air calme s’est parfumé d’un doux zéphyr discret.
L’eau lisse son bel azur, son miroir moiré.
La berge proche ondule son image sur l’eau pure.
Elle s’offre aux incrédules, île accueillante et sûre.
Là-bas, dans le bleuté, la bâtisse ocre jaune
Domine sur son rocher, nous impose son dôme.
Ses murs crénelés découpent l’horizon,
Se détachent des palmiers au-dessus des buissons.
 

En visite aux Îles éléphantines - 3/5

La grise toile frissonne, ne frémit pas encore
Le mât oblique vacille, s’incline vers un ciel mort
Les bouts enfin se tendent, le nubien vire de bord
De son pied noir, il sent sa barque sous l’effort.
Cet homme est fier et droit, il a le port altier
Sur la poupe, très adroit, il estime, assuré,
L’horizon et le flux, le courant, les risées
Le regard noir tendu, vers l’obstacle caché.

En visite aux Îles éléphantines - 4/5

Il sait bien que sous l’onde, se cachent tout seuls dans l’ombre,
Des rochers si malins qu’ils affleurent en nombre,
Protecteurs de leur île, des intrusions barbares,
Des étrangers futiles, des visiteurs d’un soir…
Nous glissons maintenant, volons comme l’oiseau
Dans un puissant courant, comme pour monter plus haut,
La blanche felouque gracile, à son maître obéit :
Elle semble bien agile aux passagers séduits.

En visite aux Îles éléphantines - 5/5

L’oiseau blanc se replie, pose la barque en douceur
Les touristes ébaubis applaudissent de bonheur,
Sur la berge accueillis, par un essaim moqueur,
Riante ronde d’enfants, hilarants spectateurs…


Quand le soleil descend sur sa course lascive,
Nous dit qu’il est grand temps de regagner la rive,
Nous laissons les enfants, à contrecœur nous suivre,
Regrets de leur accueil, regards qui les font vivre…


Las, pour nous il est temps de refermer le livre,
L’album du souvenir des oiseaux blancs du Nil
Des beaux gamins rieurs, des vertes rives fertiles…


Hôtes du hameau nubien aux demeures protégées
De main de Fatima, d’œil d’Horus colorés
Resterons prisonniers des danses enfantines

Nous étions en visite aux Îles Eléphantines… 

Yvon - Assouan - mai 2004

Poèmes associés à l'art graphique...

J'aime aussi beaucoup associer des textes aux dessins et à la peinture. Parfois l'un précède l'autre, sans ordre établi. En voici trois exemples :

Neige éphémère ( Recueil "Courbes" - Alpha - Fév. 2020)

Le pont et l'écolier  (recueil "Courbes" - Alpha - fév. 2020)

le (non) consentement  - (recueil "Courbes" - Alpha - fev. 2020)

Le décalage du Temps ( texte et dessin de l'auteur - 28-09-2008)

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Les vieilles pierres (texte et peinture à l'huile de l'auteur)

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Transe Lucide ( Texte d'yvon Le Roy, aquarelle d'Edith Vasseur)

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